Le rebond de l'immobilier n'interviendra pas de sitôt
By Caroline Mignon for JDF HEBDO - June 04, 2009La crise immobilière étant à l'origine même de la récession, il était bien naturel de s'imaginer que la hausse des prix de la pierre initierait également la reprise. Il n'en est rien. Chaque mois, c'est la même déconfiture. La référence de l'immobilier américain, l'indice Case-Shiller, qui agrège les tendances des vingt premières villes américaines, a reculé de 19 % au premier trimestre. Les baisses atteignent 30 % dans certaines villes côtières ou de l'Ouest telles que Las Vegas, San Francisco ou Miami. En Grande-Bretagne, le prix moyen des maisons a encore reculé de 0,6 % en mars, à 156.100 livres (179.000 euros), après avoir triplé entre 1997 et 2007. Même à Paris, jusqu'ici préservée, la situation se corse, avec une baisse de plus de 40 % des transactions au premier trimestre, s elon la chambre des notaires de Paris, qui s'attend à une baisse de 10 % des prix cette année.
Même Paris est touchée
Bien entendu, chacun s'évertue à trouver une quelconque note d'optimisme dans ces chiffres. Outre-Manche, la décrue n'avait pas été si faible depuis dix mois, tandis que les approbations de prêts hypothécaires
se font moins rares. Aux Etats-Unis, les mises en chantier et les ventes de logements ont tendance à être mieux orientées. « Le rythme de baisse de l'indice Case-Shiller se tasse, et d'autres indicateurs (FHFA, HPI) se sont
améliorés », note Elsa Dargent, économiste chez Natixis à New York. Mais les prix continuent de baisser dans des proportions importantes et l'indice retrouve ses niveaux de 2002 en termes nominaux et ceux de 2000 en termes réels.
Les saisies immobilières alimentent l'excès d'offre
Pour autant, il est peu probable que la récession du marché immobilier entamée fin 2005 touche à sa fin. La détérioration du marché du travail y est pour beaucoup. « Aux Etats-Unis, il y a encore beaucoup
trop d'offre par rapport à la demande », explique Hélène Baudchon, au Crédit Agricole. « Les prix vont continuer de chuter jusqu'à l'année prochaine ou même l'année d'après parce que les saisies immobilières se
poursuivent », estime de son côté Patrick Newport, économiste chez IHS Global Insight, interrogé par Bloomberg. De fait, ces saisies vont pendant un moment encore continuer d'alimenter l'excès d'offre sur le marché.
Et le cercle vicieux ne va pas s'arrêter de sitôt, ces saisies étant elles-mêmes liées à l'effondrement des prix. Surtout, les ménages ne sont pas prêts à investir dans des biens qui se déprécient à vue d'oeil :
la baisse des prix est fortement désincitative. Un autre cercle vicieux difficile à enrayer.
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